# Les bonnes pratiques pour réussir des travaux de peinture sans erreur
Repeindre un intérieur représente l’une des transformations les plus accessibles et spectaculaires en matière de rénovation. Pourtant, ce qui semble être une opération simple cache de nombreux pièges techniques qui peuvent compromettre le résultat final. Entre les coulures disgracieuses, les surfaces irrégulières et les problèmes d’adhérence, les erreurs courantes transforment rapidement un projet prometteur en chantier problématique. La différence entre un rendu professionnel et un travail d’amateur réside essentiellement dans la rigueur de préparation et la maîtrise des techniques d’application. Selon les études récentes du secteur, près de 68% des défauts constatés sur les travaux de peinture réalisés par des particuliers proviennent d’une préparation insuffisante des supports. Comprendre les étapes essentielles et respecter les protocoles techniques permet d’éviter ces écueils et d’obtenir une finition durable qui valorisera votre habitat pendant des années.
Préparation des supports avant application : diagnostic et traitement des surfaces
La préparation constitue indéniablement la phase la plus critique de tout chantier de peinture. Cette étape détermine à 80% la qualité du résultat final, selon les professionnels du bâtiment. Avant toute application, un diagnostic complet du support s’impose pour identifier les problématiques spécifiques : fissures structurelles, traces d’humidité, ancienne peinture écaillée, ou présence de moisissures. Chaque défaut nécessite un traitement adapté, et négliger cette phase préparatoire revient à construire sur des fondations instables. Les professionnels consacrent généralement 60% du temps total d’un chantier à cette préparation, un ratio que vous devriez respecter pour vos propres travaux.
Décapage et ponçage des anciennes couches de peinture écaillées
Lorsque l’ancienne peinture présente des signes d’écaillage ou de cloquage, le décapage devient incontournable. Utilisez une brosse métallique rigide pour retirer les parties détachées, puis procédez à un ponçage méthodique. Le ponçage s’effectue en deux temps : d’abord avec un papier abrasif à grain moyen (80 à 120) pour éliminer les irrégularités, puis avec un grain fin (180 à 220) pour obtenir une surface parfaitement lisse. Cette opération génère une poussière fine qu’il faudra éliminer soigneusement avec un aspirateur puis un chiffon légèrement humide. Pour les surfaces importantes, l’utilisation d’une ponceuse électrique orbitale accélère considérablement le travail tout en garantissant un résultat homogène.
Rebouchage des fissures avec enduit de lissage et enduit de rebouchage
Les fissures et les trous constituent des défauts majeurs qui transparaîtront inévitablement sous la peinture. Pour les fissures actives de plus de 2 millimètres, commencez par les ouvrir en V avec un grattoir triangulaire afin d’améliorer l’accrochage de l’enduit. Appliquez ensuite un enduit de rebouchage en débordant légèrement de la fissure, puis lissez avec une spatule en effectuant des mouvements croisés. Les petites imperfections se traitent avec un enduit de lissage plus fin. Après séchage complet (généralement 24 heures selon l’épaisseur), poncez la zone avec un papier grain fin jusqu’à obtenir une surface affleurante avec le reste du mur. N’oubliez pas de dépoussi
sez soigneusement avant de passer à l’étape de nettoyage et de sous-couche. Un support parfaitement plan et sain est la garantie d’une peinture qui ne marquera pas les défauts et ne se fissurera pas dans le temps.
Dégraissage et nettoyage à la lessive Saint-Marc ou TSP
Une fois les défauts traités, le nettoyage en profondeur des murs est indispensable, en particulier dans les cuisines, couloirs et pièces à vivre où les dépôts gras et la poussière s’accumulent. Utilisez une lessive alcaline type Saint-Marc ou un dégraissant TSP (Trisodium Phosphate) dilué dans de l’eau tiède, en respectant scrupuleusement les dosages indiqués par le fabricant. Travaillez toujours de bas en haut pour éviter les coulures sales et rincez abondamment à l’eau claire pour ne laisser aucun résidu.
Ce dégraissage améliore considérablement l’adhérence de la peinture et limite les risques de décollement ou de taches qui réapparaissent après séchage. Laissez ensuite sécher totalement les supports, au minimum 12 à 24 heures selon la ventilation de la pièce. Dans les zones fortement encrassées (hotte, crédence, murs proches des plaques de cuisson), n’hésitez pas à renouveler l’opération : mieux vaut passer un peu plus de temps à nettoyer que de voir votre peinture cloquer ou se tacher dès les premières semaines.
Application de sous-couche d’accrochage selon la nature du support
La sous-couche, encore appelée primaire d’accrochage, constitue le lien chimique entre le support et la peinture de finition. Elle homogénéise la porosité du fond, bloque les taches et optimise le rendement des couches suivantes. Sur un plâtre neuf ou un placo très absorbant, privilégiez une impression spécialement formulée pour fonds poreux, qui évitera l’effet « mur qui boit » et la multiplication des couches de finition. Sur une ancienne peinture satinée ou brillante, une sous-couche adaptée favorisera l’adhérence et limitera les phénomènes de décollement en plaques.
Les supports lisses et non poreux comme le carrelage, le mélaminé, le verre ou certains PVC nécessitent impérativement une primaire d’adhérence spécifique, sans quoi la peinture s’écaillera au moindre choc. Respectez toujours le temps de séchage indiqué sur la fiche technique (souvent 6 à 12 heures) avant d’appliquer la première couche de finition. Vous hésitez entre plusieurs produits ? Posez-vous cette question simple : « Mon support est-il absorbant, lisse ou taché ? » La réponse vous orientera vers le bon primaire (fonds poreux, multi-supports, anti-taches), et vous évitera de devoir tout recommencer.
Choix des peintures et primaires adaptés selon les substrats
Une fois les supports prêts, le choix de la peinture devient stratégique. Toutes les peintures n’offrent pas les mêmes performances, et une formulation inadaptée peut conduire à un jaunissement prématuré, une mauvaise lessivabilité ou des problèmes d’adhérence. Adapter la peinture au substrat (plâtre, bois, métal, carrelage) et à la pièce (cuisine, salle de bains, chambre) est la condition pour obtenir un résultat professionnel durable. Vous allez vivre avec cette couleur et cette finition pendant plusieurs années : quelques minutes de réflexion en amont vous feront gagner beaucoup de temps et d’argent.
Peinture acrylique phase aqueuse versus glycérophtalique phase solvant
La distinction fondamentale se fait entre les peintures en phase aqueuse (acryliques, alkydes à l’eau) et les peintures en phase solvant (glycérophtaliques). Les peintures acryliques dominent aujourd’hui le marché intérieur : quasiment sans odeur, à faible teneur en COV, elles sèchent rapidement et permettent une remise en service des pièces en quelques heures. Elles se nettoient à l’eau, offrent un bon pouvoir couvrant et conviennent à la majorité des supports intérieurs, du placo au bois préalablement apprêté.
Les peintures glycérophtaliques, en phase solvant, restent appréciées pour leur tendu exceptionnel, leur résistance mécanique et chimique, et leur très bonne lessivabilité. Elles sont particulièrement adaptées aux boiseries, huisseries et pièces à forte sollicitation (escaliers, couloirs). En contrepartie, leur odeur est plus marquée, leur temps de séchage plus long, et leur impact environnemental moins favorable. Une alternative intéressante est constituée par les peintures alkydes en phase aqueuse, qui combinent la résistance d’une glycéro avec les avantages pratiques d’une acrylique. Dans un logement occupé ou en présence d’enfants, privilégiez systématiquement les produits en phase aqueuse à faible émission de COV.
Primaire d’adhérence pour surfaces lisses et non poreuses
Peindre directement un carrelage mural, un plan de travail stratifié ou des portes mélaminées sans primaire d’adhérence est l’une des erreurs les plus fréquentes en rénovation. Ces supports sont peu ou pas poreux, et la peinture classique n’y accroche pas durablement. Un primaire multi-supports ou un primaire spécial carrelage est alors indispensable pour créer une accroche chimique et mécanique. La formulation de ces produits est spécifiquement étudiée pour adhérer sur des surfaces fermées, tout en recevant ensuite une peinture de finition classique.
Appliquez ces primaires en couche régulière, sans surépaisseur, en respectant scrupuleusement le temps de séchage, souvent plus long que pour une sous-couche standard (jusqu’à 24 heures). Évitez de solliciter trop tôt la surface (chocs, frottements, nettoyage intensif) les premiers jours après la mise en peinture, le temps que la polymérisation soit complète. Vous rénovez une salle de bains carrelée ou des façades de cuisine ? Ce primaire d’adhérence est l’équivalent d’une « assurance tous risques » pour votre projet peinture.
Peinture anti-humidité et traitement anti-salpêtre pour murs humides
Les murs humides ou sujets au salpêtre nécessitent un traitement spécifique avant tout projet de peinture intérieure. Simplement recouvrir un mur moisi avec une peinture standard ne fera que masquer temporairement le problème, qui réapparaîtra sous forme de cloques, d’auréoles et de décollements. Il est d’abord nécessaire d’identifier et de traiter la cause de l’humidité (infiltration, remontées capillaires, manque de ventilation) puis d’appliquer un traitement anti-salpêtre ou un fixateur de fond adapté.
Une fois le support assaini et sec, vous pouvez utiliser une peinture anti-humidité ou une sous-couche hydrofuge qui limitera les migrations d’eau et de sels minéraux. Ces produits créent une barrière microporeuse qui laisse respirer le support tout en bloquant les remontées d’humidité superficielle. Dans les sous-sols, garages ou murs enterrés, ils constituent souvent la seule solution durable pour éviter les dégradations répétées. Ne négligez pas non plus la ventilation : une VMC performante ou une aération régulière complète efficacement ces traitements techniques.
Finitions mate, satinée ou brillante selon les pièces d’habitation
La finition de la peinture (mate, satinée, brillante) influe à la fois sur l’esthétique et sur la praticité au quotidien. Une peinture mate offre un rendu profond et élégant, absorbe la lumière et masque bien les petites imperfections du support. Elle est particulièrement recommandée pour les plafonds, les chambres et les pièces à faible passage. En revanche, elle est généralement seulement lavable et se marque plus facilement aux frottements, ce qui la rend moins adaptée aux couloirs et aux pièces humides.
La finition satinée constitue un excellent compromis pour la plupart des pièces de la maison : elle reflète légèrement la lumière, agrandit visuellement les volumes et se nettoie facilement. Elle convient parfaitement aux séjours, couloirs, escaliers et chambres d’enfants. La finition brillante, très réfléchissante, est réservée aux supports impeccables et aux ambiances déco assumées. Elle met en valeur les boiseries, portes, plinthes et certains murs d’accent, mais ne pardonne aucun défaut de préparation. Pour choisir la bonne finition de peinture intérieure, posez-vous cette question : « Ai-je besoin de masquer les défauts ou de faciliter le nettoyage ? » La réponse orientera naturellement votre choix.
Techniques d’application professionnelle au rouleau et au pinceau
Une préparation irréprochable et une peinture de qualité ne suffisent pas si la technique d’application n’est pas maîtrisée. Comme pour la pâtisserie, disposer des meilleurs ingrédients ne garantit pas un gâteau réussi sans savoir-faire. La manière dont vous chargez votre rouleau, croisez vos passes ou respectez les temps de séchage fera toute la différence entre un mur uniforme et un mur couvert de traces.
Méthode de passe croisée pour un rendu uniforme sans traces
La technique de la passe croisée est la base d’une application professionnelle au rouleau. Elle consiste à appliquer la peinture en trois temps : d’abord verticalement pour déposer la matière, puis horizontalement pour la répartir, et enfin à nouveau verticalement pour lisser et unifier le film. Travaillez par zones d’environ 1 m², sans chercher à couvrir toute la surface d’un seul tenant, afin de maintenir un « bord humide » et d’éviter les reprises visibles.
Commencez toujours par dégager les angles et les bordures au pinceau (rechampissage), puis enchaînez immédiatement avec le rouleau pour fondre les traces de pinceau dans le film frais. Ne repassez jamais plusieurs fois au même endroit lorsque la peinture commence à tirer, sous peine de créer des surépaisseurs et des marques brillantes. Vous avez déjà vu ces rouleaux qui laissent des bandes plus foncées ou plus claires ? Dans 90% des cas, c’est un défaut de passe croisée ou un travail réalisé par zones trop grandes.
Utilisation du rouleau anti-goutte et manchon polyamide haute densité
Le choix du manchon de rouleau influence directement la qualité du rendu, tout autant que le choix de la peinture. Pour les plafonds et les murs en hauteur, un rouleau anti-goutte à poils moyens ou longs (12 à 14 mm) limite les projections et assure une bonne charge de peinture. Sur les murs lisses, un manchon polyamide haute densité à poils courts (8 à 10 mm) offre un excellent tendu et réduit les traces, en particulier avec les peintures satinées ou brillantes.
Avant la première utilisation, rincez systématiquement votre rouleau à l’eau claire (pour les peintures à l’eau) ou pressez-le à sec (pour les peintures solvantées) afin d’éliminer les fibres libres susceptibles de se retrouver dans le film de peinture. Chargez le manchon en le roulant plusieurs fois dans le bac, puis essorez-le sur la grille pour éviter les surcharges et coulures. Un bon rouleau doit permettre de couvrir environ 0,5 à 1 m² avant de devoir être rechargé. Si vous êtes obligés de repasser sans cesse sur la même zone, c’est généralement que votre rouleau est sous-chargé ou de mauvaise qualité.
Rechampissage des angles et bordures à la brosse à rechampir
Le rechampissage consiste à peindre avec précision les zones difficiles d’accès au rouleau : angles de murs, jonction mur-plafond, contours de fenêtres, plinthes, cadres de portes. Pour cela, utilisez une brosse à rechampir, de forme ronde ou biseautée, qui permet de tracer des lignes nettes sans bavure. Travaillez avec une main ferme mais sans forcer, en maintenant un angle constant entre la brosse et le support.
Chargez légèrement la brosse, puis étirez la peinture en longeant le ruban de masquage ou l’arête naturelle du support. L’objectif est de créer une bande régulière de 3 à 5 cm de large, dans laquelle le rouleau pourra venir se fondre. Vous redoutez de déborder sur le mur voisin de couleur différente ? N’hésitez pas à vous entraîner sur un carton ou une chute de placo avant de passer sur le mur définitif. Comme pour l’écriture manuscrite, la régularité vient avec la pratique.
Respect du temps de séchage entre couches selon fiches techniques
L’une des erreurs les plus fréquentes en travaux de peinture est la précipitation entre deux couches. Même si la surface semble sèche au toucher, la peinture n’est pas forcément sèche en profondeur ni suffisamment réticulée pour recevoir une nouvelle passe. Chaque fabricant indique sur la fiche technique un temps de recouvrement, qui tient compte de la température, de l’humidité et de l’épaisseur de film recommandée. Il varie généralement de 4 à 8 heures pour les peintures acryliques, et de 12 à 24 heures pour les peintures glycérophtaliques.
Appliquer une seconde couche trop tôt peut entraîner des arrachements, un aspect peau d’orange ou des différences de brillance. À l’inverse, respecter ces délais permet une meilleure tension du film et une plus grande durabilité. Vous travaillez sur un support difficile ou une couleur très soutenue ? N’hésitez pas à prévoir une troisième couche, en réduisant légèrement la charge à chaque passage pour éviter les surépaisseurs. En peinture intérieure, la patience est souvent votre meilleur allié.
Protection et masquage des zones non destinées à la peinture
Un chantier de peinture réussi ne se juge pas seulement à la beauté des murs, mais aussi à la propreté générale de la pièce une fois les travaux terminés. Protéger soigneusement les sols, les meubles, les menuiseries et les appareillages électriques vous évite les longues heures de nettoyage et les taches irréversibles. C’est un peu comme cuisiner : plus vous anticipez le rangement, moins vous aurez de vaisselle à faire après.
Ruban de masquage professionnel ScotchBlue ou FrogTape pour arêtes nettes
Le ruban de masquage est l’accessoire indispensable pour obtenir des arêtes nettes et des séparations de couleur impeccables. Privilégiez des rubans de qualité professionnelle, type ScotchBlue ou FrogTape, spécialement conçus pour les travaux de peinture intérieure. Ils adhèrent suffisamment au support pour empêcher les bavures, tout en se retirant sans arracher la peinture sous-jacente ni laisser de colle, à condition de respecter les temps d’utilisation recommandés.
Appliquez le ruban sur une surface propre et sèche, en marouflant fermement le bord au doigt ou avec une spatule plastique pour assurer l’étanchéité. Retirez-le idéalement lorsque la peinture est encore fraîche au toucher, en le tirant à 45° vers la surface peinte pour éviter toute déchirure. Vous souhaitez créer des bandes décoratives ou des aplats bicolores ? Tracez vos repères au niveau laser ou au cordeau, puis posez le ruban en suivant ces lignes pour un résultat digne d’un décorateur professionnel.
Bâchage des sols avec film polyéthylène et carton de protection
Les projections et gouttes de peinture sont inévitables, même pour les peintres les plus expérimentés. Protéger vos sols et vos meubles est donc non négociable. Utilisez des bâches en film polyéthylène épais pour recouvrir les grandes surfaces, en les maintenant en place avec du ruban adhésif ou du double-face. Pour les sols sensibles (parquet massif, carrelage haut de gamme), il est judicieux d’ajouter une couche de carton de protection ou de plaques en fibres rigides, qui résisteront mieux aux chocs et aux déplacements d’escabeaux.
Évitez les simples draps ou tissus légers, qui laissent souvent passer la peinture en cas de coulure importante. Dégagez au maximum la pièce en regroupant les meubles au centre et en les bâchant soigneusement. Vous travaillez sur plusieurs jours ? Laissez les protections en place entre chaque session pour éviter de salir au fil du chantier. Un bâchage bien pensé vous fera gagner un temps précieux au moment du nettoyage final.
Démontage des plaques électriques et cache-prises avant chantier
Les prises, interrupteurs et autres appareillages électriques sont souvent les grandes victimes des travaux de peinture mal préparés : débordements, contours mal peints, surépaisseur de peinture qui empêche le remontage. Pour un rendu propre, démontez systématiquement les plaques électriques et cache-prises avant de commencer. Coupez l’alimentation électrique au tableau si nécessaire, puis retirez les enjoliveurs à l’aide d’un tournevis adapté.
Une fois les plaques retirées, vous pouvez peindre le mur en débordant légèrement à l’intérieur du boîtier, ce qui garantira une finition nette au remontage. Évitez de peindre directement sur les éléments électriques eux-mêmes, la peinture pouvant altérer leur fonctionnement ou leur sécurité. Après séchage complet des murs, remontez soigneusement les plaques en vérifiant leur alignement. Ce détail, souvent négligé, contribue fortement à l’impression de travail soigné et professionnel.
Conditions environnementales optimales pour application réussie
La qualité d’un chantier de peinture intérieure ne dépend pas uniquement des produits et de la technique : les conditions environnementales jouent un rôle déterminant dans la bonne polymérisation du film. Température, humidité et ventilation influencent directement le temps de séchage, l’aspect de surface et la durabilité de la peinture. Ignorer ces paramètres, c’est un peu comme vouloir faire lever une pâte à pain dans un frigo : le résultat sera forcément décevant.
Température ambiante idéale entre 10°C et 25°C pour polymérisation
La plupart des peintures intérieures sont formulées pour être appliquées dans une plage de température comprise entre 10°C et 25°C. En dessous de 10°C, la viscosité augmente, la peinture devient plus difficile à étaler, et la réaction de polymérisation ralentit fortement. Au-dessus de 25°C, elle peut sécher trop vite en surface, sans avoir le temps de se tendre correctement, ce qui génère un aspect peau d’orange, des reprises visibles et une adhérence réduite.
Veillez à maintenir une température stable pendant l’application et les premières heures de séchage, en évitant les montées ou chutes brutales (mise en route du chauffage, ouverture prolongée des fenêtres en hiver). Vous travaillez dans un logement neuf non chauffé en hiver ou en plein été sous combles ? Adapter votre planning de peinture aux moments les plus tempérés de la journée peut faire toute la différence sur le rendu final.
Taux d’humidité relative inférieur à 80% lors de l’application
L’humidité ambiante influe directement sur le séchage des peintures en phase aqueuse. Un taux d’humidité relative supérieur à 80% ralentit l’évaporation de l’eau, allonge les temps de séchage et augmente le risque de coulures, de mat/brillant irrégulier ou de développement de moisissures superficielles. À l’inverse, un air trop sec peut accélérer le séchage de surface au détriment de la cohésion du film en profondeur.
Dans les pièces naturellement humides (salle de bains, buanderie, sous-sol), utilisez un déshumidificateur ou ventilez régulièrement avant et après l’application pour revenir à un taux d’humidité plus favorable (idéalement entre 50% et 70%). Évitez de peindre immédiatement après un lessivage abondant des murs : laissez-les sécher complètement, parfois 24 à 48 heures selon l’épaisseur et la nature du support. Un simple hygromètre d’intérieur vous permettra de vérifier que les conditions sont réunies pour une application sereine.
Ventilation contrôlée sans courants d’air directs sur surfaces fraîches
Une bonne ventilation est indispensable pour évacuer les solvants et la vapeur d’eau émis pendant le séchage, mais elle doit rester contrôlée. Des courants d’air trop forts peuvent entraîner un séchage trop rapide en surface, des reprises visibles ou le dépôt de poussières et d’insectes sur la peinture encore fraîche. L’objectif est donc de renouveler l’air sans créer de flux d’air directs sur les surfaces peintes.
Ouvrez les fenêtres en oscillo-battant ou en position entrebâillée, et évitez l’utilisation de ventilateurs pointés directement vers les murs ou les plafonds. Dans le cas des peintures glycérophtaliques, une ventilation régulière est d’autant plus importante pour limiter l’exposition aux COV. Vous habitez le logement pendant les travaux ? Planifiez les applications les jours où vous pouvez aérer largement sans inconfort, tout en maintenant portes et fenêtres partiellement fermées dans la pièce en cours de séchage.
Calcul précis des quantités et gestion du matériel professionnel
Un projet de peinture bien géré repose aussi sur une estimation précise des quantités nécessaires et une organisation rigoureuse du matériel. Manquer de peinture en plein milieu d’un mur, devoir changer de rouleau à chaque couche ou jeter un demi-pot mal refermé sont autant de situations frustrantes et coûteuses. À l’inverse, anticiper vos besoins vous permet de gagner en efficacité et d’obtenir un rendu uniforme sur l’ensemble des surfaces.
Rendement au m² selon pouvoir couvrant indiqué par le fabricant
Le calcul de la quantité de peinture repose sur le rendement au m² indiqué sur le pot, généralement exprimé en m² par litre et par couche. Commencez par mesurer la surface à peindre : additionnez la longueur de chaque mur, multipliez par la hauteur, puis soustrayez la surface des ouvertures (portes, fenêtres). Divisez ensuite ce total par le rendement annoncé, et multipliez par le nombre de couches prévues (souvent au moins deux, même pour une peinture dite « monocouche »).
Par exemple, pour une pièce de 20 m² au sol avec 2,5 m de hauteur sous plafond et un rendement de 12 m²/litre, il faudra environ 10 litres pour deux couches sur les murs. Prévoyez toujours une marge de 10 à 15% pour les pertes, les reprises et les éventuelles retouches. Vous travaillez avec une couleur très soutenue ou un blanc sur un fond foncé ? Anticipez une consommation légèrement supérieure, car ces situations nécessitent parfois une couche supplémentaire pour obtenir une opacité parfaite.
Nettoyage immédiat des outils au white-spirit ou à l’eau savonneuse
Le nettoyage des outils de peinture immédiatement après usage est non seulement une question d’économie, mais aussi de qualité pour vos prochains chantiers. Pour les peintures en phase aqueuse, rincez abondamment pinceaux et rouleaux à l’eau tiède, puis terminez avec un lavage à l’eau savonneuse jusqu’à ce que l’eau soit claire. Essorez correctement les fibres et laissez sécher les outils à l’air libre, en les suspendant si possible pour éviter que les poils ne se déforment.
Pour les peintures en phase solvant (glycéros, certaines sous-couches spécifiques), utilisez du white-spirit ou le diluant recommandé par le fabricant. Procédez en plusieurs bains si nécessaire, puis terminez par un lavage au savon noir ou au savon de Marseille pour éliminer les résidus gras. Ne jetez jamais ces solvants à l’évier : déposez-les en déchetterie ou dans un point de collecte spécialisé. Un pinceau ou un rouleau bien entretenu pourra servir sur plusieurs chantiers, ce qui réduit d’autant le coût de vos travaux de peinture intérieure.
Conservation hermétique des restes de peinture pour retouches futures
Il est rare d’utiliser exactement la totalité de la peinture achetée. Conserver correctement les restes vous permettra de réaliser des retouches discrètes en cas de choc, de rayure ou de perçage ultérieur. Pour une bonne conservation, nettoyez le rebord du pot, puis fermez-le hermétiquement en tapotant le couvercle avec un maillet en caoutchouc. Stockez les pots à l’abri du gel et des fortes chaleurs, idéalement dans un local tempéré et sec.
Pour les petits volumes, vous pouvez transvaser la peinture dans des bocaux en verre ou des contenants hermétiques étiquetés avec la référence, la teinte, la pièce concernée et la date d’ouverture. Retourner le pot à l’envers une fois fermé (pour les peintures acryliques uniquement) permet parfois de créer un joint étanche supplémentaire grâce au film de peinture qui se dépose sur le couvercle. Quelques années plus tard, vous serez heureux de disposer de la même peinture pour effacer une trace ou reboucher un trou, sans devoir repeindre tout le mur.






